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L’ULB et la VUB prennent position sur une loi qui pourrait interdire les études de genre en Roumanie

Publié le 24 septembre 2020 Mis à jour le 24 septembre 2020

Les deux universités soutiennent le mémoire de l'Amicus Curiae à la Cour constitutionnelle de Roumanie sur la loi 87/2020, qui interdirait les études de genre.

Les rectrices de l'Université libre de Bruxelles (ULB), Annemie Schaus, et de la Vrije Universiteit Brussel (VUB), Caroline Pauwels, ont décidé, au nom de leur institution, de signer le "mémoire d’Amicus Curiae concernant le dossier n° 959A / 2020 de la Cour constitutionnelle roumaine, avec une date de procès au 30 septembre". La loi 87/2020, adoptée en juin 2020, pourrait en effet interdire les études de genre en Roumanie. Cependant, le Président de Roumanie, Klaus Johannis, ne l'a pas promulguée mais l'a renvoyée à la Cour constitutionnelle, qui doit l'examiner le 30 septembre [1].

Les rectrices de l’ULB et de la VUB estiment que cette loi, si elle est adoptée, porterait gravement atteinte à la liberté académique, à la liberté de recherche, à l'autonomie des universités et à la liberté d'expression. Cela menacerait également la protection des droits fondamentaux. Pour cette raison, elles demandent à la Cour constitutionnelle de Roumanie de déclarer cette loi inconstitutionnelle.

Pour Annemie Schaus (ULB) : "L'ULB a toujours été précurseure en matière d'égalité des genres. Elle a été la première université belge à ouvrir ses portes aux femmes et à nommer une femme professeure. L'engagement de notre Institution en faveur du droit à l'avortement, avec la VUB, est également bien connu. En 2016, l'ULB a mis en place la "mesure cascade", pionnière pour lutter contre le phénomène du "tuyau percé" dans les carrières universitaires et nous avons développé une politique ambitieuse en matière d'égalité et de diversité. En 2018, l'ULB et la VUB ont également été les premières universités à participer officiellement à la Belgian Pride, défilant dans les rues de Bruxelles sous la bannière "universités ouvertes". La promotion de l'égalité des sexes et la défense de la liberté sexuelle sont au cœur du projet de notre université. Les études de genre, un domaine de recherche important à l'ULB, sont essentielles pour atteindre cet objectif".

Pour Caroline Pauwels (VUB) : "La liberté de recherche et d'expression est une valeur clé pour la VUB, et nous déployons de nombreux efforts à cet égard. Chaque année, nous organisons le Difference Day à l'occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse. Cet événement a notamment pour but de rappeler aux gouvernements leur devoir de respecter et de faire respecter le droit à la liberté d'expression. Ce dernier reflète la vitalité démocratique et le pluralisme d'une société. La VUB est un partenaire académique dans le projet d'instauration de l'égalité dans la société en général. Elle a été l'une des premières universités flamandes à créer un centre pour ce qui, dans les années 1980, était encore appelé "études des femmes". Aujourd'hui, le RHEA, le centre de recherche interdisciplinaire de la VUB Research Centre Gender, Diversity, Intersectionality studies, étudie les multiples facettes de l'inégalité de genre à l'intersection d'autres courants d’inégalité. Les études de genre contribuent à apporter des réponses scientifiquement solides aux nombreux défis auxquels nos sociétés sont confrontées aujourd'hui. Elles méritent donc la même liberté que les autres domaines de la connaissance. La VUB a toujours été une ardente défenseure de la liberté académique. Lorsque la liberté académique est menacée, la VUB résiste".

Cette décision de signer l’Amicus Curiae fait suite à plusieurs déclarations en faveur des études de genre et de la liberté académique. Dans le passé, l'ULB et la VUB ont en effet déjà interpellé les autorités de l'Università degli Studi di Verona et le gouvernement hongrois, lorsque les études de genre et la liberté académique étaient menacées soit par des organisations de la société civile, soit par des plans éducatifs gouvernementaux. Tout au long de leur histoire, les deux universités ont également soutenu à plusieurs reprises des chercheurs et chercheuses en danger dans le monde entier.

Cette prise de position s'inscrit dans un mouvement international de soutien à la liberté académique et aux études de genre en Roumanie, soutenu par le Conseil des Recteurs de la Fédération Wallonie-Bruxelles (CREF), et plusieurs recteurs en Belgique et à l'étranger.