Publié le 22 juin 2020 Mis à jour le 23 juin 2020

Le déboulonnage des statues des figures coloniales, notamment de celles de Léopold II, est-il le signe que la société belge est prête à regarder son passé colonial en face? À quelques jours de l’anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, Amandine Lauro présente les derniers résultats des recherches sur l’histoire de la colonisation belge dans un livre « grand public ».

Ces dernières semaines, poussé par les manifestations de lutte contre le racisme, le débat sur le passé colonial de la Belgique refait surface. Ces discussions passionnées sont parfois marquées par leur méconnaissance des faits et du contexte.

Pour les nourrir et les préciser, un ouvrage collectif dirigé par Amandine Lauro – Centre de recherche Mondes modernes et contemporains et Atelier Genre(s) et Sexualité(s), Faculté de Philosophie et Sciences sociales - Idesbald Goddeeris (KU Leuven) et Guy Vanthemsche (VUB), présente les connaissances scientifiques actuelles.

Amandine Lauro y analyse notamment la question de la répression.

« Lorsque le Congo devient officiellement belge en 1908, les autorités affirment avoir définitivement mis fin à la violence brutale qui a rendu le premier régime de Léopold II tristement célèbre. Mais a-t-on réellement fait « table rase » entre le Congo belge et le Congo léopoldien ? » s’interroge la chercheuse.

Cette question est donc examinée du début du 20e siècle jusqu’au tournant de la décolonisation, dans ses moments de déploiement « exceptionnels » (répression de grandes révoltes ou de soulèvements comme celui de Léopoldville), mais aussi dans une perspective plus « ordinaire » (police et maintien de l’ordre au quotidien).

Ce livre rassemble bien d’autres thématiques: l'impact de la colonisation sur l’environnement, mais aussi sur le genre et la sexualité, ou encore les multiples formes prises par les résistances congolaises face au pouvoir colonial. 

Le but étant de répondre aux questions complexes que le public se pose mais également de mettre en avant des interrogations qui sont au cœur des recherches récentes, mais qui ont peu de visibilité dans le débat public.

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